Histoire de l’Eglise depuis le Concile

Dans le dynamisme de l’Esprit, l’Église se renouvelle. Le Seigneur nous fait la grâce de vivre un temps particulièrement fécond. Voici un demi-siècle, le concile Vatican II a donné aux communautés du monde entier une belle théologie de l’Église. Il les a  ainsi engagées à un profond renouvellement. L’Église naît de et dans la communion d’amour du Père, du Fils et de l’Esprit Saint. Par le Fils, dans l’Esprit, elle reçoit mission d’annoncer et de répandre la charité de Dieu, son amour infini pour chacun, pour l’humanité tout entière et pour le cosmos. Toute l’Église est appelée à vivre cette mission. Par l’Esprit, elle est constituée en Peuple de Dieu et elle reçoit, pour sa vie et son élan, des charismes dont celui du ministère ordonné qui témoigne sans cesse et partout du Christ, serviteur de ses frères, mort et ressuscité. Les chrétiennes et les chrétiens laïcs sont engagés dans cette même mission (cf. la constitution conciliaire Lumen Gentium).

Depuis la fin du concile en 1965, les théologiens, les pasteurs, principalement les Papes, Évêques de Rome, et les communautés essaient de mettre en œuvre concrètement cet enseignement conciliaire. L’année même de la clôture de Vatican II, le bienheureux Paul VI institue le Synode des Évêques. Très régulièrement, des Évêques, des prêtres, des laïcs de toutes les parties du monde se rassemblent, à l’invitation du Saint Père, pour débattre d’une question centrale pour la vie et la mission de l’Église.

C’est ainsi que des grands textes, appelés exhortations apostoliques, ont jalonné ces cinquante dernières années. En 1965, le bienheureux Paul VI a écrit Evangelii nuntiandi, sur l’évangélisation : c’est toujours un texte de référence.

Dans l’exhortation Christifideles laici (1988),  saint Jean-Paul II a ciselé une définition de l’Église très stimulante : elle est communion missionnaire. Par l’annonce de l’Évangile elle invite chacun à entrer en communion avec Dieu, avec ses frères et sœurs et avec le cosmos tout entier. Cette communion ne peut être que missionnaire, dans la mesure même où nous ne pouvons pas ne pas inviter nos frères et sœurs à entrer ainsi dans l’amour de Dieu. Dans ce même texte, le Pape donne ses lettres de noblesse à la vie associative des fidèles laïcs : par leurs mouvements, groupes et associations, ils forment une dimension essentielle de la vie dans l’Église.

Dans l’exhortation Verbum Dei (2010), le Pape Benoît XVI invite toutes les communautés à se ressourcer à la Parole de Dieu, à en témoigner et à en vivre. En 2013, le Pape François propose à toute l’Église de vivre la Joie de l’Évangile.

C’est le grand souffle du concile Vatican II qui anime tous ces textes. Et même si nous  ne sommes pas parvenus encore au bout du chemin, nous progressons.

Dans la vie de l’Église catholique en Anjou, voici quelques repères importants.  En 1996, Monseigneur Jean Orchampt a demandé que la vie et l’action de chaque paroisse soient animées par une équipe d’animation (EAP) dont le curé fait partie. Après l’engagement de nombreuses religieuses, comme permanentes en pastorale – suivant le vocabulaire de l’époque – et certainement grâce à elles et à la manière exemplaire dont elles ont conduit leurs diverses missions, les évêques successifs ont confié des missions à des laïcs, hommes et femmes. Associés directement à son ministère, ils reçoivent de l’évêque une lettre de mission.

Il nous faut approfondir encore la pertinence théologique de ces ministères-là. Dans le même temps, le concile ayant rétabli le diaconat permanent, quarante-neuf diacres ont été ordonnés au service de l’Église diocésaine.

Les communautés chrétiennes, en particulier les paroisses, sont animées par de très nombreux chrétiens et chrétiennes dans autant de services qu’il est nécessaire. Nous  vivons dans des paroisses participantes : de nombreux acteurs animent sa vie et son action. L’Église diocésaine bénéficie de la présence, de la prière et de l’action de nombreuses communautés de religieuses et de religieux. Ensemble,  il faudra franchir une nouvelle étape : passer de paroisses et de communautés participantes à des paroisses et communautés invitantes, tellement nombreux sont les jeunes qui sont comme indemnes de toute référence chrétienne,  tout en étant chercheurs de sens, de beauté et de Dieu. C’est l’intuition du synode diocésain (2005-2007) qui appelle à la création de fraternités paroissiales comme autant de communautés ecclésiales de base. La Charte synodale (2007-2017) fruit du travail de plus de 22000 catholiques angevins a porté et porte encore de nombreux fruits.

Si nous croyons que l’Esprit Saint est le dynamisme même de Dieu, par la mission nous participons à ce dynamisme et nous contribuons à faire que s’harmonisent entre eux les différents ministères et charismes : celui des laïcs, celui des religieuses et religieux, celui des prêtres et des diacres, parce qu’ils sont engagés au service de l’Évangile du Seigneur. En travaillant quotidiennement avec les laïcs, femmes et hommes, les prêtres et les diacres sont conduits à réfléchir à l’exercice de leur ministère et à se convertir. De même, les laïcs, disciples-missionnaires, comprennent mieux la place des ministres ordonnés dans la vie et l’action de l’Église. Ils peuvent même les aider à rendre leur présence plus juste et plus pertinente. Comme l’avait si bien dit le bienheureux Paul VI, quand l’Église évangélise, elle est elle-même évangélisée.

Claude Cesbron